Archives de la ville de Puteaux
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Trésors d'archives

Les vertueuses rosières de Puteaux

Une rosière est une jeune fille que l’on récompensait pour sa vertu et son mérite. Instituée selon la légende du VIe siècle par l’évêque de Noyon Saint-Médard à Salency dans l’Oise, cette fête s’est par la suite répandue dans de très nombreuses communes françaises.

A Puteaux, c’est par le biais de la Fondation Cartault que les rosières étaient élues et récompensées. En effet, par son testament daté du 28 mars 1870, Madame Jeanne Augustine Anastasie Rousseau, veuve Cartault, avait légué à la ville la somme de 15 000 francs dont « les intérêts annuels serviront à doter chaque année une pauvre ouvrière honnête et digne d’intérêt habitant la commune de Puteaux » et qui souhaitait se marier. Le choix de l’élue était donné par délibération du conseil municipal, après un appel officiel à candidatures et la prise de renseignements concernant notamment la moralité des postulantes.

Carnet de bal du couronnement des rosières de l’année 1919, AMP, sous-série 3L.

Quant au règlement stipulé par le testament, il était très strict. En effet, la dot ne pouvait être versée à la lauréate qu’à la suite de son mariage et par le receveur municipal une fois la célébration prononcée. Le mariage devait avoir lieu, autant que possible, le 17 janvier, anniversaire de mariage de Madame Cartault. De plus, le premier né de cette union devait porter, si c’était un garçon, le prénom d’Edmond qui était celui de Monsieur Cartault, et de Jeanne, si c’était une fille, en souvenir de la généreuse donatrice.

Ainsi, une première lauréate est désignée en 1874 : Mademoiselle Marie Eugénie Alexandrine Boulliaut, couturière de son état et demeurant au 6 rue Gerhard. Cet événement était alors l’occasion de réjouissances (sous le préau de l’école République ou au sein de la salle des fêtes de la mairie), avec défilé dans les rues de la ville, fanfare, discours officiel et parfois même repas et bal. A cette occasion, les danseuses pouvaient avoir recours (comme ici pour l’année 1919) à un « carnet de bal » qui leur servait d’aide-mémoire en leur permettant d’inscrire en regard de chaque type de danse (valse, polka, tango, boston, schottisch…) le nom de leur cavalier.

Après une première interruption pendant la période de la Première Guerre mondiale, cette tradition va se poursuivre jusqu’en 1935, date du couronnement de la dernière rosière de Puteaux, Mademoiselle Mauricette Julie Dzenziolsky, élue dès 1931.

Image de l’entête : Affiche pour la fête des rosières, 1913, AMP.

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